Napoléon ou lingot : que choisir pour épargner en or ?

Pour qui veut détenir de l’or physique en France, la question revient toujours : faut-il acheter des pièces, et en particulier des 20 francs or, ou un lingot ? Les deux contiennent le même métal. Ce qui les sépare, c’est le prix payé au-dessus du cours, la facilité de revente et la souplesse d’utilisation. Voici les éléments de comparaison, sans recommandation personnelle : le bon choix dépend de votre montant, de votre horizon et de votre façon de gérer votre épargne.
Ce que l’on achète vraiment
Une 20 francs or contient 5,81 g d’or fin, dans une pièce de 6,45 g au titre de 900 millièmes. Un lingot est en or fin à 999,9 millièmes, et son poids correspond presque entièrement à de l’or pur : un lingot de 100 g contient 100 g d’or.
Le prix de l’un comme de l’autre se décompose de la même façon : la valeur de l’or contenu au cours du jour, plus une prime. La prime couvre la fabrication, la distribution, la marge du vendeur et, pour les pièces, l’effet de l’offre et de la demande.
La prime : l’avantage des gros lingots
Plus le format est gros, plus la prime est faible en proportion. Un lingot de 1 kg se négocie très près du cours de l’or ; un lingotin de quelques grammes porte une prime nettement plus élevée, parce que le coût de fabrication est presque le même pour un petit et un gros lingot.
La prime des pièces, elle, fluctue. Elle a tendance à monter quand la demande des particuliers s’emballe et à redescendre en période calme. Elle se retrouve en partie à la revente : une pièce achetée avec une prime élevée se revend souvent avec une prime elle aussi plus élevée, mais rien ne le garantit.
| Critère | 20 francs or | Lingot de 100 g à 1 kg |
|---|---|---|
| Or fin | 5,81 g | 100 g à 1 000 g |
| Titre | 900 ‰ | 999,9 ‰ |
| Prime | variable, souvent sensible | faible |
| Montant d’entrée | celui d’une pièce | élevé |
| Revente partielle | pièce par pièce | impossible |
| Contrôle à la revente | rapide | parfois certificat ou analyse |
La revente : l’avantage de la pièce
C’est le grand atout du Napoléon. Il est connu de tous les professionnels, se contrôle en quelques secondes (poids, diamètre, aspect) et se revend à l’unité. Vous avez besoin d’une petite somme ? Vous vendez deux ou trois pièces, et vous gardez le reste.
Un lingot se vend d’un bloc. Si vous avez besoin d’une fraction de sa valeur, vous devez tout de même vendre le lingot entier. En outre, un lingot qui a quitté le circuit professionnel peut devoir être accompagné de son certificat, ou être analysé avant rachat, ce qui prend du temps et peut coûter des frais.
Le fractionnement et la transmission
Les pièces se partagent facilement entre héritiers ou se donnent progressivement. Un lot de cinquante pièces se divise sans difficulté ; un lingot de 1 kg, non. C’est un argument souvent sous-estimé, surtout pour une épargne pensée sur le long terme.
Le stockage
À valeur égale, un lingot prend moins de place qu’un tube de pièces. Mais les deux restent compacts : quelques centaines de grammes d’or tiennent dans la paume de la main. Le vrai sujet du stockage est la sécurité (coffre à domicile, coffre en banque, stockage chez un professionnel) et l’assurance, pas le volume. Voir notre article sur la conservation des pièces.
La fiscalité : aucune différence
Pièces et lingots relèvent du même régime fiscal, celui des métaux précieux : taxe forfaitaire de 11,5 % sur le prix de vente, ou, sur justificatif, régime des plus-values. L’or d’investissement est par ailleurs exonéré de TVA à l’achat. Le détail est dans notre article sur la fiscalité de la vente d’or.
Les formats intermédiaires
Entre la pièce et le gros lingot, il existe toute une gamme de lingotins : 5 g, 10 g, 20 g, 50 g. Ils offrent un compromis entre la prime des gros lingots et la souplesse des pièces, mais leur prime proportionnelle est souvent plus élevée que celle d’une 20 francs pour les plus petits formats. À partir de 50 g environ, la prime devient généralement plus intéressante.
Les autres pièces d’investissement (Souverain britannique, Vreneli suisse, pièces américaines) suivent la même logique que le Napoléon : une prime variable, une revente facile. Le Souverain contient un peu plus d’or (7,32 g), la Double Eagle américaine presque une once.
Une approche courante
Beaucoup d’épargnants combinent les deux : une base de pièces pour la souplesse et la revente partielle, et des lingots pour la part qu’ils ne comptent pas toucher avant longtemps. Ce n’est pas une règle, seulement une façon de profiter des avantages de chaque format.
Pour comparer les formats, voir nos fiches 20 francs or Marianne Coq, lingot d’or de 50 g, lingot d’or de 250 g et Souverain or.



